Thursday, May 31, 2012

Thoughts of the Day #16/2012 : Jean-Luc Marion (10)

Jean-Luc Marion (*1942 - )
(copyright owners of this picture, please read the p.s. at the bottom thanks!)


Today - I want to post again an excerpt from one of the most important french philosophers of our time: Jean-Luc Marion. Because he is a french philosopher, the best gesture to honour him and his work is to cite him in the original language. This a passage about the problem of love and truth taken from his book "Au lieu de soi. L'approche de Saint Augustin" (Paris: PUF 2008).

Aujourd'hui, c'est encore une foi le temps pour presenter des pensées d'un philosophe français contemporain. C'est Jean-Luc Marion, qui enseigne la philosophie à Paris (Sorbonne, il est le successeur de Levinas) et à Chicago (Divinity School at the University of Chicago). J'ai choisi une texte dans son bibliographie à la fois immense et admirable sur le probleme de "l'amour" et "la vérité" dans son livre  "Au lieu de soi. L'approche de Saint Augustin" (PUF 2008):

"La substitution au désir de savoir du désir de béatitude prend toute sa dimension: il ne s'agit plus de désirer connaître comme si la connaissance elle-même enclencait, sinon épuisait le désir (selon la thèse fondatrice d'Aristote que "tous les hommes désirent par nature connaître"), mais de désirer la béatitude (selon le principe que "omnes beatos esse volunt, verum est", ou, comme le traduit Pascal, que "tous les hommes recherchent d'être heureux. Cela est sans exception").

La vérité devient désirable et désirée au sens radical, parce que s'en ré-jouir constitue la béatitude, "beata quippe tu ipsa es, et ipsa est beata vita, gaudere ad te, de te et propter te - ... la jouissance de la joie, c'est oit qui l'es, et la vie bienheureuse elle-même ne consiste qu'à se ré-jouir en vue de toi, à partir de toi et en vertu de toi".

Inversement, si la connaissance voulait rester sa propre fin et prétendait susciter à elle seule le désir sans ouvrir à la vérité, elle-même entendue comme ce dont on doit  jouir, parce que rien d'autre ne le permet, comme Dieu donc, alors ce prétendu amour de la sagesse perdrait tout sérieux et se disqulifierait, au pire en idôlatrie, au mieux en une simple manie, la curiosité.[...]

Mais pareille disqualification d'une conception purement noétique, cognitive et épistémique de la vérité sous le titre de curiosité n'échappe au soupcon, toujours menacant, d'obscurantisme ou de barbarie, que si l'on peut dégager une figure de la vérité, dont l'essence même permette et demande d'un désir la désire et, en la désirant, la même précisément en oeuvre en tant que vérité.

Il faudrait donc approcher d'une acceptation de la vérité qui la laisse se définir comme manifestation et recouvrement pourant à partir du désir et en vue de la béatitude - autrement dit, une acceptation de la vérité telle qu'elle (se) manifeste en tant qu'aimée, et donc aussi (se) recouvre en tant que haie.[...]

Dans cette figure de la vérité, il n'y va donc non plus seulement de proposition dite ou de la chose vue, mais surtout du voyant, précisément parce qu'il ne peut plus rester un spectateur impartial, qui verrait en toute neutralité, sans que ne se réverbère sur lui une lumière trop fort pour lui. Seul l'amour donne la résistance suffisante pur recevoir le coup de la vérité en son inévitable inévitable. Ainsi s'esquisse, suivant saint Augustin, la figure érotique de la vérité."




Thanks for reading my blog !
Have a nice day!
Stay tuned and expect the unexpected !

P.S. Dear copyright owner of the picture, please contact me, if you don't want to see your picture above in this context! Your picture will of course be instantly removed! Thank you. S.K.G.