Monday, February 6, 2012

Thoughts of the Day #5/2012: Hélène Cixous (1)

Hélène Cixous (*1937)
(photo: Lea Crespi)


Dear Readers,

today I would like to present a few lines by one of my favorite poets of all times and at the same time the most important poets today: Hélène CixousIt is an excerpt about love, death and animalité taken from her book "Manhattan. Lettres de la préhistoire" (Paris: Galilee 2002).

Pour toutes les lecteurs françaises de mon blog, je suis heureux de présenter encore une fois des  pensées du jour en français. Aujourd'hui, c'est le temps pour un passage d'un livre du poète Helene Cixous. C'est un passage sur l'amour, la mort et l'animalité des son livre important "Manhattan. Lettres de la préhistoire"(Paris: Galilée 2002, p. 130-132):


"Il est difficile de dire qu'on est entré en amour pour une personne d'un instant à l'autre le jour où on a appris qu'elle menaçait de mourir et d'être bientôt morte, il est même impossible de le penser.

On n'entre pas dans cet amour. On s'y précipite. On s'y jette. On ne voulait pas du tout aimer. On est en paix. En prose. En rade. On ne va pas aimer personne. On n'a pas de température. On n'est pas au bord d'une falaise. Il n' y a pas de futur. Ni crainte. Alors l'Idée de mort pousse un grand cri de surprise, d'un instant à l'autre tout vire à l'envers, des faucons crient la nouvelle très haut dans le ciel, le temps a changé de style.

On ne pense rien. On est jeté de l'autre côté jappent les animaux avertis. On dirait une punition folle, oeil pour dent dent pour oeil. Subitement on est empoisonné d'amour. Les choix ont fui. On aime avec effroi la personne que l'on aimait pas. On n'aurait pas aimé l'aimer on l'aime par-dessus soi-même, par-dessus l'amour on aime qui l'on n'aime pas.

On dirait un suicide. Le vent du suicide pousse la fenêtre ouvre le vent du suicide arrache les cils des volets on se jette dans le vent pour fuit l'idée que l'on pourrait se suicider on plonge en piqué comme une mouette aux ailes brisées vrille vers sa cessation de peine.

Les métaphores animales nous environnent. On ne pense rien. On fait un saut, un bond. On n'aime pas on chute. Arrivent vautours, colombes blessées. Bientôt demimourront dans Central Park les écureuils.

Sans la mort comme promise on n'aurait pas aimé. On pourrait penser penser: on (n') aimera cette personne (qu')à la condition qu'elle meure. L'amour ne durerait pas trop longtemps. Un amour peut être autant plus grand que court. On compte bien sur la personne ou sur la mort pour tenir sa promesse. Mais aucune de ces pensées n'auras jamais été pensable ou recevable car elles conduisent au crime et à la destruction. Il faudrait donc penser aimer mourir et faire mourir ?

On ne peut pas le penser. Ou bien souffir aimer comme souffrir on ne peut pas vouloir. Le mot vouloir, le faire résonner: Vous loi loi loi loir. Également le mot sanslevouloir. On irait jusqu'à vouloir sanslevouloir.

Exactement ainsi: je sansvoulais. Mais pas encore la force de découvrir l'existence du mot. Au lieu de cela, je perdais connaissance de mes espaces familiers je ne reconnaissais plus mes côtes, mes collines, j'entrais dans un port avec l'impression de m'être trompée de porte sans aucune hésitation.

On peut penser: on se jette en amour contre la mort, pour la pourchasser, c'est obligatoire, on doit aux mourrants ce que l'on de doit pas aux vivants: la vie."

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